Typologie des risques
Par la suite, nous ferons référence au risque comme étant la rencontre
d'un aléa avec des enjeux, c'est-à-dire comme la potentialité d'un dommage résultant de
la possibilité d'occurrence d'un phénomène dangereux. Dès lors, plusieurs typologies des
risques sont possibles.
Faire une typologie, c'est proposer une classification en groupes d'objets ou de
phénomènes ayant des caractéristiques communes. La détermination d'une classe ou
d'un groupe est ainsi le résultat d'un travail de généralisation. Les propriétés
ou caractéristiques choisies pour définir une ou plusieurs classes déterminent le
degré de généralité (Cuny et Lejeune, 2003).
On ne trouve pas aujourd'hui de typologie des risques ayant un caractère standard,
ou qui soit unanimement reconnue. Différentes sources proposent des classifications
souvent sommaires et rarement exhaustives, et plusieurs approches sont possibles.
On peut ainsi naturellement imaginer une typologie des risques regroupant les risques
selon leur probabilité d'occurrence, la nature du phénomène source (aléa), l'importance
des dommages qu'ils peuvent induire, la capacité à y faire face, etc.
Dans le cadre du modèle MADS (Méthodologie d'Analyse des Dysfonctionnements dans les
Systèmes), Perihlon (2003) propose par exemple :
- Une typologie des systèmes sources de danger (origine mécanique, chimique,
électrique, de développement d'incendie, liée aux rayonnements, biologique,
liée à l'environnement, ou encore d'origine économique et sociale) ;
- Une typologie des systèmes cibles de ces dangers (individus, population, écosystèmes,
systèmes matériels ou symboliques) ;
- Une typologie des événements (flux de matière, flux d'énergie, flux d'information,
flux ponctuels ou diffus, chroniques ou à effets limités) ;
- Une typologie des champs de danger (champs physiques et chimiques naturels ou artificiels,
psychologiques, économiques, sociologiques, politiques, juridiques, réglementaires, culturels,
organisationnels).
Nous avons retenu la présentation la plus classique, bien que souvent critiquée,
qui classe les risques selon l'origine des phénomènes (Dauphiné, 2001, complété).
On distinguera essentiellement les risques d'origine naturelle, des risques d'origine
technologique.
Une des critiques essentielles de cette typologie résulte dans la difficulté d'attribuer
une seule source aux risques. Il est par exemple difficile de classer un glissement de
terrain (risque d'origine naturelle), qui entraînerait un accident de transport de
matières dangereuses (risque d'origine technologique).

